Bilan sanguin préopératoire chez l’enfant

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Votre enfant va bientôt subir une intervention chirurgicale. Une prise de sang peut être nécessaire au préalable.

Sa prescription n’est pas systématique mais dépend de plusieurs facteurs.

C’est le médecin, chirurgien ou anesthésiste, qui déterminera la nécessité ou non d’un bilan sanguin préopératoire adapté à votre enfant.

Un bilan sanguin préopératoire pour qui ?

Un bilan sanguin préopératoire n’est pas prescrit en systématique chez l’enfant avant une intervention chirurgicale ; il sera prescrit en fonction de :

  • ses antécédents médicaux
  • son histoire hémorragique personnelle comme l’existence de saignements prolongés de nez, après la chute des dents de lait ou après une petite coupure
  • l’histoire hémorragique familiale
  • l’examen clinique
  • ses traitements médicaux

L’acquisition de la marche ou non, avec la recherche de « bleus » fréquents et étendus lors de chutes ou de chocs mineurs est à prendre en compte également  chez l’enfant.

Le niveau de risque hémorragique de l’intervention peut aussi intervenir dans le choix de la prescription.

Pourquoi un bilan sanguin préopératoire ?

Un bilan sanguin préopératoire est prescrit :

- afin de détecter, avant le geste chirurgical et anesthésique, une maladie à risque hémorragique méconnue qui nécessiterait une prise en charge médicale particulière.

- afin d’éviter une éventuelle complication pendant et après une chirurgie et une anesthésie.

- afin de suivre l’évolution de l’enfant après l’intervention.

Quelles sont les maladies recherchées ?

Les maladies à risque hémorragique sont heureusement rares dans la population générale. Elles sont souvent détectées, notamment pour les plus graves, dans les premières années de vie de l’enfant devant des signes cliniques évocateurs et/ou une histoire familiale connue.

Les plus fréquentes sont :

  • la maladie de Willebrand (1% de la population)
  • l’hémophilie A (1 pour 5 000 garçons)
  • l’hémophilie B (1 pour 30 000 garçons)

Il existe de nombreuses autres pathologies responsables d’un déficit en facteurs de coagulation mais elles sont beaucoup plus rares (1 pour 500 000 naissances).

Quels types de bilan sanguin préopératoire ?

Le bilan d’examens biologiques standard recherche principalement des anomalies de l’hémostase ayant un risque hémorragique. L’hémostase regroupe l’ensemble des mécanismes de l’organisme qui permettent d’assurer la coagulation du sang et d’arrêter le saignement lorsqu’un vaisseau sanguin est lésé.

Il correspond à la prescription :

  • du temps de prothrombine (TP)
  • du temps de céphaline-activateur (TCA)
  • de la numération plaquettaire (PLAQ).

L’interprétation des résultats du bilan de l’hémostase doit tenir compte de l’âge de l’enfant : les nouveau-nés et les jeunes nourrissons présentent notamment une immaturité physiologique de l’hémostase.

 

D’autres analyses peuvent être prescrites : numération formule sanguine, groupe sanguin et recherche d’agglutinines irrégulières en vue d’une éventuelle transfusion,…

L’existence d’une maladie connue peut entraîner une recherche sanguine biochimique : ionogramme, créatinémie, glycémie,…

 

Des examens plus approfondis pourront être demandés si nécessaire et orientés en fonction de la pathologie suspectée lors de la consultation médicale: dosage des facteurs de coagulation VIII et IX dans la recherche d’une hémophilie, dosage des facteurs de Willebrand, recherche d’une anomalie des plaquettes,…

A quel moment faire la prise de sang ?

Il est préférable de réaliser le bilan un peu en avance par rapport à la date prévue de l’intervention : ce délai va permettre de pouvoir réaliser des examens complémentaires si nécessaire afin de mettre en place une stratégie médicale et/ou chirurgicale adaptée et ainsi éviter de retarder l’intervention.

Dans la grande majorité des cas, il n’est pas nécessaire que votre enfant soit à jeun pour réaliser cette prise de sang, sauf en cas de prescription d’une glycémie par exemple.